L’EFFET TÉVENNEC

Déjà une semaine sur le caillou. A dire vrai je ne l’ai pas vu passer. Arrivé samedi dernier dans un ballet d’hélicoptère pour le transport du matériel, les premières heures et le jour suivant ont été consacrés à mon installation. Pas facile de tout ranger car la surface disponible n’est pas grande. La pièce où je vis ne fait guère plus de 6 m2. Il s’agit de tout ranger comme dans un bateau, avec méthode. Les deux autres pièces sont très humides, une ayant de l’eau au sol. Les vivres y sont installés sur des tasseaux de bois récupérés.

Première nuit de bruits inconnus, de sifflements, de coups sourds. La nuit séculaire des lieux. A peine mes marques prises, je suis cueilli mardi par un fort coup de vent de noroît accompagné d’une grosse houle. Le salut de Tévennec. Mon intronisation. Dans un bruit sourd d’explosion, les vagues ne cessent de monter à l’assaut de la falaise nord de l’îlot pour jaillir sur le pignon de la maison, échevelées d’embruns dans un arc en ciel. La nature à l’état primal, brute, hargneuse et acharnée, sans répit, pour réduire ce minuscule morceau de continent. Un spectacle grandiose dont je profitais sans retenue quand soudain mon bonnet s’est envolé. Introuvable malgré une recherche visuelle et attentive dans l’écume des roches, en contrebas de la terrasse ! Perdu à jamais dans les flots ! Une nuit de déferlantes passe. Au matin le bonnet était de retour, sur un méplat de roche, plein d’algues, rendu par la mer. L’effet Tévennec à n’en pas douter 

Marc POINTUD!

Depuis TEVENNEC par 48°04’17 » Nord et 04°47’43 » Ouest par vent de N force 4 avec une mer agitée. Lumière sur Tévennec !